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"Le bonheur ne tient pas seulement au rapport qu'on établit entre soi et soi, mais aussi entre soi et la nature, soi et le cosmos" Michel Onfray

 

 

 

 

 

"En Automne je récoltais toutes mes peines et les enterrais dans mon jardin.

Lorsqu'Avril refleurit et que la Terre et le Printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.

Mes voisins vinrent les admirer et chacun me dit: Quand reviendra l'Automne, la saison des semailles, nous donneras-tu des graines de ces fleurs afin que nous puissions les planter dans nos jardins?" Khalil Gibran.

 

 

 

 

 

La division du temps n'est pas aléatoire. Elle repose sur les rythmes célestes.

Ces rythmes sont inscrits dans le cosmos.

Dans ce rythme perpétuel, chaque année, la végétation s'éveille au Printemps, s'épanouit en Eté, mûrit en Automne. Qu'advient-il en Hiver?

La nature porteuse de toute cette végétation est-elle morte, inerte, sans aucun principe de vie?

La plante n'est pas émancipée de l'influence du rythme solaire. Pour rester en vie, elle a arrondi les angles, s'est mise en boule, fait une masse d'aspect inerte pour attendre des temps meilleurs.

L'humain, émancipé pour l'essentiel de cette influence solaire peut traverser l'hiver sans mourir, sans paraître mort. Il garde cependant en lui cette part végétale non émancipée qui doit se préserver pour traverser ce temps. Cette part végétale serait-elle notre système végétatif, autrement nommé système nerveux autonome ou système nerveux neuro-végétatif ou système nerveux viscéral? Il gouverne les fonctions automatiques, non soumise au contrôle volontaire, des viscères, les muscles lisses de la digestion, de la vascularisation, les muscles cardiaques, la majorité des glandes exocrines et certaines glandes endocrines.

 

Cet homme qui vient de perdre sa femme ne parvient pas à lire.

"Je ne veux pas que les livres ni rien au monde m'éloigne une seconde de ma gisante lumière, interrompe ma contemplation de la gueule ouverte du néant, de ses dents de marbre qui à la fin broient tout ce que nous connaissons de plus précieux".

Pendant qu'il parle, les lauriers-roses de son jardin tournent en neige: le jour tombe, les fleurs entrent en lutte avec les ténèbres. Le visage de mon ami brûle sous les lumières roses. Cherchant son épouse dans les ténèbres, il n'y trouve que lui. Je comprends sa méfiance devant l'écriture.

La souffrance que nous avons de notre amour, l'empêche de glisser au noir comme l'y feraient les affreuses consolations.

D'autres fleurs errent dans le jardin.

Dans la journée leur bleu a failli me rendre aveugle.

Elles cèdent au premier assaut de l'ombre, leur couleur bue comme du sang.

Le laurier-rose résiste.

A l'heure de nous quitter, sa neige surnaturelle n'a toujours pas perdu la partie. Tous les jours, des centaines de boites dans le monde partent sous terre ou brûlent avec à l'intérieur des gens devenus génies par la grâce de mourir.

Ils savent tout, ne disent rien. Leur silence est le même que celui des fleurs. Les yeux, on ne réussit jamais à les enterrer.

La glycine en crue par dessus le muret. Une sainte extase.

Un jour je serai sous deux mètres de silence et je me souviendrai d'elle. On m'accuse d'être mièvre?

Que dira-t'on à maître Dögen, ce sage du treizième siècle japonais, lorsqu'il écrit ? " L'Univers entier est fait des sentiments et des émotions des fleurs"..Christian Bobin

Les besoins de l'âme!

"Si l'homme se livre à un sentiment sain et naturel, il remarquera bien vite cette relation morale-spirituelle au monde végétal, non seulement que l'homme a besoin de la plante pour se nourrir mais qu'il a aussi besoin du règne végétal pour son être intérieur. Il a besoin du monde végétal qui l'entoure pour avoir en lui des sentiments et des impressions qui sont nécessaires à la vie de son âme. L'homme a aussi besoin des impressions du monde végétal ici sur le plan physique s'il veut être frais et sain dans sa vie de l'âme. C'est là quelque chose qui n'est jamais assez dit, car faute de cela il apparaît très vite une lacune dans la vie humaine qui s'exclut de l'influence vivifiante du monde végétal. L'homme qui, par exemple en habitant dans une grande ville, est d'une certaine façon coupé d'une relation directe au monde végétal, montrera toujours à celui qui voit profondément un certain manque dans son âme et il est au fond tout à fait exact que l'ame subit des dommages si elle perd la joie immédiate, le plaisir immédiat, la solidarité avec le monde végétal, avec ce que la nature est à l'extérieur. Parmi tous les côtés d'ombre de la civilisation moderne qui se développe de façon privilégiée dans les grandes villes, il y a donc celle-ci; que par notre vie citadine nous sommes exclus de la communauté immédiate avec le monde végétal vivifiant. Nous savons qu'il y a déjà aujourd'hui des hommes qui peuvent à peine faire la différence entre un grain d'avoine et un grain de blé. Mais cela fait partie de l'évolution de l'âme humaine, aussi étrange que cela paraisse, de pouvoir faire la différence entre un grain d'avoine et un grain de blé. C'est une façon de parler symbolique, mais néanmoins quelque chose est ainsi dit. Et c'est vraiment à regret que l'on a devant soi une perspective d'avenir qui pourrait éloigner tout à fait les hommes de l'impression directe du monde végétal. L'homme a besoin du monde végétal." R. Steiner. Vienne 1910

- Peut-on vivre heureux? Voilà la quête du roman Canada de Richard Ford.

- Ford force le trait en mettant en scène des personnages dont la barque est particulièrement chargée, mais le jeu est le même pour tous.

"On essaie" dit Ford et "on a plus de chance dans la vie, plus de chance de survivre, quand on tolère bien la perte et le deuil et qu'on réussit à ne pas devenir cynique pour autant, quand on parvient à hiérarchiser, à assembler les éléments disparates pour les intégrer en un tout où le bien ait sa place, même si, avouons-le, le bien ne se laisse pas trouver facilement"

"Il ne faut jamais qu'un espace de terre si petit soit il, -un mètre contre la maison parfois-, même de terre mauvaise. Et un point d'eau. De là naît le jardin, rêve intérieur manifeste, créé, d'abord pour le regard." Marie Rouanet

"Rien n'est dans l'entendement qui ne soit auparavant passé par les sens" Aristote

A la télévision!

Mardi 24 Mars, à 22h35, Arte programme:

Dépression, une épidémie mondiale? (un documentaire de Michèle Dominici de 2014 jamais diffusé)

Voici ce qu'en dit la journaliste Marie-Hélène Soenen dans Télérama: Près de 400 millions de personnes seraient atteintes de dépression à travers le monde, et la consommation d'anti-dépresseurs a presque doublé dans les pays de l'OCDE ces dix dernières années. Partout, on parle d'"épidémie mondiale". Mais y a t'il réellement plus de malades qu'avant? Ou la dépression est-elle juste plus souvent diagnostiquée, et davantage prise en charge? Pour répondre à ces questions, Michèle Dominici convoque une foule de spécialistes, psychiatres, anthropologues, sociologues ou philosophes, et envisage le phénomène dépressif sous toutes les coutures. S'il est mieux diagnostiqué, il est aussi sorti du domaine strictement médical pour entrer dans le langage commun, souvent confondu avec la déprime ou la démoralisation. A qui profite cette banalisation de la dépression?

Le psychiatre Allen Frances estime que les fabricants de médicaments s'en sont largement emparés:"ils ont compris que le meilleur moyen de vendre des pilules c'est de vendre des maladies, de les promouvoir"...